Spéciale journée de la femme – Féminisation de l’immigration

La célébration de la journée Internationale de la femme et par extension du mois de la femme est  une belle occasion pour moi d’évoquer le rapport entre les femmes émigres et l’investissement immobilier dans leur pays d’origine.

Mais avant cela, je rends hommages à toutes ces femmes d’ici et d’ailleurs qui sans relâche contribue à créer un véritable leadership féminin

Féminisation de l’immigration

Les émigrés sont aujourd’hui majoritairement des femmes, qui n’hésitent plus à partir seules, en célibataires ou avant d’être rejointes par leur conjoint. Les immigrés en Europe étaient principalement des hommes. Les femmes n’ont été majoritaires que dans les années 2000, atteignant selon les pays plus la moitié de la population émigrée.

Cette féminisation est fortement liée à la politique migratoire, avec par exemple en France la reconnaissance légale du droit au regroupement familial à partir de 1974.

  • Le nouveau visage de l’immigration féminine

Le regroupement familial n’est plus le seul motif de leur arrivée sur le sol européen, américain et même asiatique. Elle n’est puis caractérisée par le simple fait de rejoindre un mari. Aujourd’hui, elles sont entrepreneures, cadres, professions libérales, dirigeantes d’association. Le nombre de femmes émigrées ne cesse de croître.

Beaucoup sous estiment la force et le dynamisme de l’émigration féminine. Pourtant, le départ des femmes sénégalaises en Europe ou aux USA est comparable un vrai projet d’ « entreprise économique ». Dès lors une fois quelle arrivent à accéder à une certaine autonomie sociale et financière, leur idée première est de se constituer un patrimoine au pays.

Pour les femmes émigrées le parcours d’achat n’est pas aisé.  Dès les prémices du projet, des questions plus ou moins à caractère social se posent à elles notamment pour celles qui sont mariées.

Doivent-elles recueillir nécessairement le consentement de leur époux ? Doivent-elles passer outre ? Doivent -elles acheter avec leur mari ?

Quelle sera la réaction de leur époux ou entourage face à ce projet d’achat ?

Tant de questions qui démontrent la complexité d’être femme émigrée et vouloir acquérir un bien immobilier au pays.

Par expérience, nous savons que beaucoup de femmes émigrées choisissent ou se résignent à mener leur projet immobilier à l’insu de leur conjoint. Les raisons évoquées par celles-ci sont diverses ; refus de leur époux d’être partie prenante, crainte des représailles, manque de confiance en la pérennité de leur couple, et surtout la polygamie. Ces questions peuvent sembler de peu d’importance mais sont déjà la cause de nombreux confits dans les ménages d’émigrés.

  • Un intérêt grandissant pour l’acquisition

Pour la femme émigrée, acheter sa propre maison est une évidence. Les femmes de la diaspora ont longtemps manifesté leur intérêt pour l’acquisition de maison au Sénégal, le nombre de coopératives d’habitat qui pour la majorité sont composées de femmes en témoigne aisément.

Pour quoi devons-nous prêter plus d’attention à cette nouvelle clientèle ?

Les femmes émigrées sont profondément attachées à leur pays d’origine. Lorsqu’elles sont en couple, elles sont en général les premières à prendre conscience de la « nécessité » d’un investissement immobilier au pays. Très souvent elles sont à l’origine de la décision d’achat.

Une transaction immobilière, c’est souvent une affaire de longue haleine. La persévérance des femmes est un véritable atout ; elles sont capables de porter des projets d’investissement qui se déroule souvent sur une longue période (4, 5 ou 6mois) sans perdre de vue leur objectif.

En réalité ; se lancer dans un investissement immobilier est plus une affaire de volonté et de force que de genre. Les femmes sont exigeantes, à l’ecoute et leur projet immobilier ne souffre d’aucun compromis.

  • Une approche nouvelle

Face à cette féminisation de la clientèle, les professionnels doivent s’adapter par leur communication et par leur plan marketing

Ils doivent mieux appréhender et comprendre leur besoin afin d’adapter leur discours vers les femmes émigrées.

 

L’union faisant la force, en ce mois de Mars symbolique, plusieurs femmes de la Diaspora dont moi-même porteront sur les fronts baptismaux une nouvelle association dénommée

Il ne s’agira pas de venir gonfler le rang de multiples associations qui existent déjà et réalisent un travail formidable sur tous les aspects de la vie des émigrés, mais             se veut être une plateforme collaborative visant à créer un réseau solidaire et à garantir un accompagnement à toutes les femmes de la diaspora particulièrement dans leurs projets immobiliers.

La première action de l’association consistera à mettre en place d’une solution d’épargne originale et de long terme permettant à chaque membre de bénéficier d’un apport pour la réalisation de son projet d’acquisition.

Les femmes de la diaspora sont depuis toujours des actrices du développement économique de l’Afrique. À leur manière, elles contribuent à façonner l’Afrique de demain. Il était important, par cette tribune et d’appeler l’ensemble des acteurs du monde immobilier ainsi que les pouvoirs publics à faciliter et à accompagner leur accession à la propriété au Sénégal.